Couleur Livres, éditeur, Collection Je

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Le livre comme lien, Le livre comme espace de reconnaissance.
Chaque homme est une phrase et la ville est un livre

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Pierre Bertrand anime les éditions Couleur Livres…..
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Daniel Simon anime la collection Je, Collection des Récits et la Revue Je, Revue des Récits de vie

La Collection Je est née….il y a trois ans…


L’édition alternative reprend des couleurs

Les éditions [Couleur livres] ont acheté le fonds éditorial des éditions VISTA / EVO (anciennement Editions Vie ouvrière).

Fidèle à l’esprit qui a guidé près de 50 années de publications rigoureuses, critiques et accessibles, [Couleur livres] se révèle, avec ses différents partenaires, comme l’un des pôles les plus importants de l’édition progressiste et associative en Belgique et en francophonie.

[Couleur livres] se veut une édition engagée, indépendante, pluraliste et proche des associations et organisations qui constituent la société civile.

Une édition qui allie impertinence et découverte, mais aussi originalité, lisibilité et rigueur.

Notre production est large et variée. Elle s’étend de la publication d’essais sur les grandes questions de société (citoyenneté, politique, immigration, mobilité, environnement, santé) aux livres grand public d’initiation aux sciences humaines en passant par les ouvrages d’éducation et de formation, plus spécifiquement destinés aux étudiants, enseignants et parents.

A l’occasion d’une fête estivale, celle des 50 ans des éditions Vie ouvrière…et donc de la récente Maison Couleur livres

Nous y sommes donc

Nous y sommes donc au pied du mur, alors que nous pensions tous qu’il était tombé il y a prêt de vingt ans. Nous y sommes donc. Il est plus haut et infranchissable que jamais aux yeux de la plupart des gens, si haut que l’esprit de beaucoup n’a trouvé comme refuge que l’ombre qu’il projette. Il est si solide que peu osent croire en sa chute prochaine, il est si évident que son ampleur pénètre nos songes les plus intimes, il est si inquiétant que d’autres se lèvent pour faire obstacle à ce qu’il représente et peu à peu des ombres se confrontent, s’associent et déclarent les Lumières d’un autre temps. Nous y sommes donc, à chaque fois, au pied du mur et parlant de Lumières.

Et de ces Lumières, de ces ombres, de cette nuit toujours recommencée et du jour qui se lève, l’Annoncier du Soulier de Satin de Claudel nous dit aussi que c’est le temps de l’homme: « Ecoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C’est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau c’est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c’est ce que vous ne trouvez pas amusant qui est le plus drôle. ». Nous y sommes donc alors que la plupart pensaient être sortis de l’Histoire pour ne surfer que sur l’actualité de leur vie infinie…Ce rêve est un cauchemar depuis des siècles pour la plupart des hommes et gageons que l’Histoire ne sera pas, elle aussi, engluée dans la mondialisation des murs. Il y a cinquante ans, quelques uns, rassemblés dans des enthousiasmes volontaires, André Samain n’a pas ménagé ses peines alors et n’a cessé depuis, ont entrepris une aventure qui nous rassemble aujourd’hui dans l’amitié d’un homme, Pierre Bertrand, qui sait que son époque est l’héritage d’un temps qui s’est soudain rompu et nous laisse très souvent sidérés au cœur de l’incertain. C’est au seuil des années deux mille qu’il crée Couleur livres et bientôt le fond Vie ouvrières fera partie du nouvel équipage. André et Pierre, sont des acteurs majeurs de ce que nous aimons et qui nous fait souvent nous hisser hors de nous : le goût des grands espaces à l’encontre des enclos, l’obsession des tunnels quand l’horizon se couvre, l’audace de la pédagogie contre l’obscénité des intimidations, la rencontre des hommes et des idées plutôt que les croyances et les chants rassembleurs.

Nous y sommes donc, encore et toujours, dans la complexité des contrastes qui donnent lieu à de nouveaux paradoxes, dans un monde qui prétend se construire alors que nous le voyons en train de se défaire, nous y sommes donc, au pied de nouveaux murs qui nous le savons n’arrêtent jamais que les fantômes. Les hommes sont plus agiles, ils s’entraînent à sauter par-dessus et quelques fois les livres, les histoires, les pensées et les rêves de Lumières suffisent à leur donner le désir, une fois encore de prendre leur élan. Merci André, merci Pierre, et merci à celles et à ceux qui ont permis et soutenu ce qui nous rassemble en cette journée d’été et que nous aimons.
Daniel Simon, 13 juillet 2008

Editions Couleur livres
Edito

Cela mérite quelques applaudissements

La soirée de clôture de la Semaine du récit de vie à la Maison du Livre nous a permis d’entendre des auteurs (certains disent des écrivants mais je préfère le terme d’auteurs qui renvoie au texte et non à une relation d’animateur-animé) lire leurs récits, certains avec fermeté et conviction, d’autres dans le murmure d’une difficile énonciation, chacun convaincu que quelque chose d’intense, de fragile et de rare avait lieu : la salle écoutait, concentrée, accueillante, amusée parfois, les textes de celles et ceux qui prenaient le risque de raconter leur histoire, des fragments du récit de leur vie…Quelques heures plus tard, et je zappais une émission de la nuit animée par un célèbre producteur. L’invité était présent sur le plateau. Le visage et le corps marqués des traces de machettes reçues en 1994. Il regardait de son regard borgne les salamalecs de la société du spectacle. Il avait écrit un livre, un récit de vie, ou plutôt d’une incroyable survie et il venait le vendre…

L’entretien se termine et l’animateur conclut en un cinglant sourire « Cela mérite bien des applaudissements ». La salle fait son travail, elle applaudit comme elle applaudissait la vedette médiatique qui entrait à son tour dans l’arène. Mais lui, le génocidé, qu’allait-il donc faire dans cette galère ?

Les récits de vie, puisque dans les deux cas évoqués ici, il s’agit de ce genre de récits, bénéficient, semble-t-il aujourd’hui, d’une attention toute particulière. Pourtant, il ne s’agit en rien d’un feu de paille qui aurait à voir avec un prurit d’égos particulièrement en retard d’expression. Les blogs se multiplient, métastasent littéralement, et servent aussi à l’expression d’une parole singulière, ou tout au moins, qui donne l’impression d’être singulière…Même si elle est noyée dans le grand flou phagocyte de la Toile Internet, même si l’existence des blogs ne concurrence en rien, relaye plutôt, cette vague d’expressions diverses liée aux écrits de l’intime.

Les éditeurs, les médias, les centres culturels, les gens tout simplement cherchent dans la relation de ces mémoires individuelles une façon de résister au grand « on » indifférencié qui a fait florès dans les années 80, qui renvoyait chacun à personne et ne répondait à personne en articulant glo-ba-li-sa-tion à tous vents…Le temps du « nous », celui des années 60-70 avait été effacé, l’air de rien, dans une sorte de consentement général, au nom des industries culturelles, des nécessaires révolutions technologiques et des nouveaux rapports politiques issus de la Chute du Mur de Berlin. Facile à dire, mais ça ne marchait pas. Consentement ne rimait pas aussi facilement avec contentement et les gens, ceux qui avaient remis l’Histoire au goût du jour avaient des choses à dire. Là-bas, dans le Sud, comme ici…Et c’est là que nous constatons que les récits de vie, ceux dont j’évoque l’existence, la publication même, n’ont de raison d’être à mes yeux que parce qu’ils ont été travaillés, c’est-à-dire, passer par l’écriture, revisiter par la lecture, confirmé par la relation de lecteur à auteur. Ces récits de vie font lien, ils existent pour communiquer quelque chose. Quoi ? Un temps, une époque, des impressions, des choses vues, du matériau d’expérience qui devient témoignage, de l’indéfini qui se cherche une forme, du flottement qui se fixe dans la durée, des nodules de mémoire qui se constituent en archipels, des trous qui font du sens, des absences qui renforcent la reconnaissance de notre incertaine présence au monde…

Il se fait que le sujet narrateur raconte toujours une histoire parmi tant d’autres possibles, il choisit parfois, la plupart du temps, il est agi par l’écriture qui débusque ce qu’il ne cherchait pas, qui met en lumière ce qui était hors cadre, qui rappelle les spectres et les fantômes errants dans les mémoires familiales ou claniques. Cette écriture qui fait travail dans le processus d’émergence du récit de vie n’a rien à voir avec ce qu’imaginent ceux qui, pour de multiple raisons (raisonnables ou inavouées) haïssent ce mouvement autour de l’écriture et l’édition de récits de vie. Je parle de haine pour de multiples raisons simples à expliquer : le dévoilement d’un intime qui n’aurait rien à faire avec la chose civile (j’évite à dessein le mot dont on abuse à touts crins, citoyen…), l’émergence de paroles en concurrence avec ses détenteurs officiels (psys, écrivains, journalistes), la mise en relation d’événements forts dans la vie des individus qui produirait une autre vision de l’Histoire, la mise en lumière de l’entreprise publique de décervelisation douce (quoique…) d’une société de plus en plus précaire et livrée, comme un oiseau pour le chat, à des obligations de consommation culturelles (Internet, téléphones portables, abonnements divers au câble, ADFSN,…) tellement cyniques qu’elles n’en apparaissent que plus évidentes, la conscience de plus en plus forte des habitants de cette planète que la technologie numérique engrange des informations de plus en plus instables et périssables et que la mémoire des gens doit, pour se préserver, passer par d’autres canaux que ceux, obligés du tout à l’égout de l’oubli numérique.

L’écriture creuse, fonctionne en rhizome, s’établit dans des formes configurées lentement, passées par des chambres d’échos tels que les Ateliers d’écriture, les lectures publiques, les éditions légères ou, ce qui est nouveau, par des maisons d’éditions intéressées par ces formes de récits, cette écriture de la durée que sont les histoires de vie.
Pierre Bertrand (Directeur des éditions Couleur Livres) et moi, avons préparé pendant un an et demi cette double action en faveur des récits de vie aujourd’hui et de ce qu’il nous semblait être une nécessité : publier certains de ces textes que nous jugeons remarquables à divers titres : la qualité de l’écriture, les liens qu’ils tentent de renouer dans le champ social, la liberté de ton, en-dehors du champ littéraire officiel, la puissance de révélation de ce qui apparaît souvent comme mineur ( le deuil, les familles décomposées, la vie inactive dans une société hystérique,…) en regard du majeur (le champ politique, le terrorisme, les inégalités de base,…)… Toutes ces paroles nous intéressent à divers titres mais d’abord, bien sur, travaillant lui et moi dans les domaines de l’édition et de l’écriture, c’est la qualité d’expression, les miracles d’écriture qui requièrent notre plus haut intérêt. Il fallait, à notre sens, une Revue et une collection pour accueillir ces manuscrits, ces expériences, ces aventures d’écriture. Il fallait une Revue pour faire entendre, dans la durée, ces paroles et ces textes. Un titre s’est vite imposé : Je. Mais Je, ce n’est pas Moi. Je, c’est une position, une attitude et un comportement avant la mise en mouvement. Je, c’est une décision, un choix, une résistance contre ce On flottant et irresponsable du management du vide…Je, c’est donc devenu aussi une collection où un premier titre vient de paraître, L’usine de Vincent de Raeve (préface de François Bon), deux autres déjà en préparation.

Je, c’est un premier numéro fondateur paru à l’occasion de la récente Foire du Livre et trois autres à paraître d’ici février 2008 (La Première fois, Ecrire le deuil, Quoi, le Bonheur ?). Je, enfin, c’est une suite de rencontres, d’Ateliers d’écriture, de conférences, de séminaires, un Site en construction, des Journées thématiques autour des questions multiples posées par l’écriture et la publication de récits de vie.
Ce qui est étonnant, et le mot est faible, c’est d’entendre, chez des professionnels de l’écriture, les idées toutes faites,n les clichés trahissant une sorte de mépris condescendant à l’égard de ces textes et de ce qu’ils révèlent. « Ils se répandent », « Ils se plaignent », « Ils se grattent le nombril »…Voilà la matière première de la critique. On en a vite fait le tour. Qu’est-ce que cela traduit (ou trahit), je ne sais. Mais les hypothèses sont simples : il y a dans le récit de vie l’aveu d’une tentative d’authenticité qui passe, entre autres, par le rendu du réel. Et ce réel, étrangement, semble généralement faire défaut dans le champ littéraire franco-belge. Comme dans le cinéma, comme à la télévision, malgré l’obscène concours des téléréalités. Ce réel, c’est la matière première des gens. Et ce réel est aussi tissé d’un imaginaire fort. Mais cet imaginaire, semble-t-il, est plus littérairement incorrect que ce que beaucoup en disent. La Revue et la collection Je sont autant de balises que nous allons tenter de placer dans le paysage. Notre travail s’arrête là. Laisser des traces, des traces passées par l’écriture et la volonté de dire plus qu’il n’est généralement entendu. Ces textes, qui s’écrivent ci et là, vont rejoindre les greniers, les rêves évanouis, les secrets de familles ou, dans le meilleur des cas, enrichir les éditeurs à compte d’auteurs qui ont flairé le marché…

Ce que nous souhaitons, c’est de mettre en valeur des textes qui nous semblent remarquables ou emblématiques et de les offrir à un public curieux de tout et aussi, de lui.

Daniel Simon

(Publié dans le Carnet et les Instants)

Editions Couleur livres
Anciennement Editions Vie ouvrière (EVO)

Siège d’exploitation et librairie
4, rue Lebeau – 6000 Charleroi
(Ouverture du lundi au vendredi de 10 h à 17 h)

Stock et siège social
54, rue de la Colonne – 1080 Bruxelles

Téléphone et fax : 00 32 (0)71/ 32.63.22
Courriel : couleurlivres@skynet.be
Site : www.couleurlivres.be
TVA : BE 478 835 748
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Direction : Pierre Bertrand
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Nous vous remercions d’en prendre bonne note.