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Parle-moi de ton absence de Saber Assal

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Saber Assal
Parle-moi de ton absence 

Préface de Gérard Adam

Inès est pauvre de naissance. Elle est illettrée. 
Inès est heureuse de sa villageoise vie marocaine.  
Inès est une gamine de treize ans quand on la marie. 
Elle aura cinq enfants dont elle sera séparée. Fourbe de mari ! 
Violences physiques, sexuelles, financières, psychologiques, juridiques. 
Saber Assal nous dit Inès, sa mère. Inès nous parle comme parleraient toutes les mères flouées, dépecées d’elles-mêmes, arrachées, déracinées. 
Maroc-Belgique, seulement ? Allons donc ! 
Ce récit magistral – dans le sens qu’il enseigne – submerge de larmes, 
de tendresse et de dégoût. 
Saber Assal désarçonne, met en désarroi : l’histoire de sa vie s’accouple 
à tant d’histoires. L’histoire de chacun emprisonne l’histoire de l’autre.

L’auteur
Saber Assal est né en 1966. Son témoignage (A l’ombre des gouttes, Le Cerisier) disait son parcours d’abandon, ses méandres, ses sinuosités.  
Parle-moi de ton absence dévoile, pudiquement, intelligemment, les causes de l’abandon et, par delà, les raisons de l’incompréhension, la mise à plat de l’apaisement.  

Collection « JE »
ISBN : 978-2-87003-463-7 • Mars 2007
232 pages • format 13,5*20,5 cm • 19,50 € 

Comment parler à son fils, comment parler de sa mère
par Jeannine Paque
Le Carnet et les Instants n° 148

Saber Assal a déjà, voici quelques années, retracé l’histoire de sa vie dans un livre, À l’ombre des gouttes (Le Cerisier, 2000). Une histoire qu’il complète aujourd’hui en remontant dans le temps et en élargissant le champ puisqu’il prête sa voix et sa plume à sa mère dans Parle-moi de ton absence. Cette autre vie, cette vie antérieure mais aussi parallèle, il ne pouvait la connaître. Il a fallu qu’elle la lui raconte, après une séparation de trente ans. Que ce récit différé, que cette longue confidence d’une mère à son fils soit difficile, douloureuse, violente, sa nécessité va de soi. Il faut combler les béances, insupportables parce qu’incompréhensibles, guérir enfin les plaies infligées de l’extérieur ou venant de ce qu’on considérait comme le plus intime de sa vie. Inès, la mère de Saber et de ses quatre frères et sœurs, a été mariée de force au Maroc à l’âge de treize ans. À raison d’une grossesse par an, sans compter un avortement imposé, elle se retrouve, à vingt ans, émigrée en Belgique, chargée de responsabilités, travaillant dur et subissant des violences psychologiques et physiques, à la merci d’un mari brutal, profiteur et, bien entendu, infidèle. Elle fait un effort d’assimilation, montre beaucoup de courage, entreprend par elle-même, mais reste soumise à l’autorité masculine. Lors d’un séjour au Maroc, fallacieusement présenté comme un répit, des vacances, elle sera victime du rapt de ses enfants que son mari emmène en Belgique, l’abandonnant à Casablanca avec sa dernière-née, sans papiers, sans ressources, sans la moindre idée d’un endroit où les chercher. Incapable d’agir ou de faire valoir ses droits parce qu’elle est infériorisée en tant que femme, face à la tradition musulmane et à une justice inégalitaire. Quel que soit son combat, elle se heurte à toutes sortes de violences, psychologiques, familiales, sociales, ethniques, religieuses… Et c’est ce vécu que transmet son récit, où alternent les voix : la sienne, voix parlée, familière, ingénue encore et celle de son fils, qui s’est appliqué à transcrire ce discours spontané dans le registre plus soutenu d’un français qu’elle n’a jamais appris vraiment. Il le fallait. C’était pour lui et pour tous ceux qui le liraient une manière d’expliquer une absence incompréhensible, de réparer ce dont il n’était pas responsable. Une manière aussi d’honorer sa mère, de restaurer sa dignité et, si possible, de lui rendre le goût de la vie.

Voici donc à proprement parler un récit de vie, singulier, fortement «individué » à première vue. Et pourtant, il résonne bien au-delà de ce propos. Il invite à une réflexion générale sur les conditions de vie de ce qu’on appelle encore les minorités, à savoir les minorisés de nos sociétés, d’ailleurs et d’ici, qu’il faut regarder de près précisément. Il impose de se faire une opinion, de formuler un jugement et de prendre position. C’est aussi le rôle de la littérature.
 

« La Belgique, c’est chez moi »


Malika Madi et Saber Assal sont deux jeunes écrivains belges d’origine maghrébine. Ils ont chacun publié leur premier roman. Un homme, une femme, deux voix devenues presque complices et qui disent les réalités d’une génération née en Belgique et trop longtemps prise en étau entre deux cultures. Deux livres qui rompent le non-dit et relancent le débat. Une rencontre entre immigration, pluralisme culturel, tolérance et plaisir d’écrire.
http://www.imagine-magazine.com/sommaires/sommaire_24.htm

OU encore…

REGULARISATION : LA FIN DU TUNNEL ?

Juin 2001, N° 195

Parle-moi de ton absence de Saber Assal dans ressources, liens ai_195

Ainsi, lorsque le jeune Antonio fit irruption le lendemain, avec sa pipe et sa casquette de pensionné prêt pour une partie de pétanque, il le reconnut sans peine. Celui-ci, dès le premier jour, remua tout Bruxelles : les centres d’aide sociale, la Croix-Rouge, les maisons de charité, le Mouvement contre le Racisme, les hôpitaux, les juristes, l’aide aux sans-abri… En vain, l’ensemble des services, surchargés en ce mois de décembre, répondait par la négative.

Les jours s’écoulèrent vite. Antonio, malgré la bonne volonté qu’il y mettait, n’obtenait pas le moindre résultat. Les pages de son calepin étaient défaites, les adresses soulignées, colorées, n’avaient plus rien à lui donner. Puis, un matin, d’un geste lent et contraint, il invita Nordin à s’asseoir dans la pièce vide aux fauteuils d’osier et entama un discours qu’il devait avoir soigneusement préparé.

- Hier soir, en réunion, nous avons longuement discuté de ton cas. Tu es chez nous depuis une semaine et j’ai bien peur que nous ne puissions plus rien faire pour te sortir de là. Ta situation nous dépasse, elle nous a pris de court. Habituellement, ici, nous ne traitons jamais ce genre de dossier. Tu n’es pas en fugue, tu ne t’es pas enfui de l’internat, tu ne consommes pas de drogue… Tu es un jeune homme de vingt ans, né en Belgique, piégé dans un enchevêtrement vicieux de paperasseries. Tu aurais besoin d’un excellent avocat, mais qui supporterait les frais ? Crois-moi, je déplore ta situation et pour la première fois, je me vois forcé de te demander de bien vouloir quitter la maison pour seize heures au plus tard. Ne nous en veut pas Nordin, car normalement un séjour à S.O.S Jeunes ne dépasse jamais les quarante-huit heures…

Saber ASSAL, A l’ombre des gouttes, Ed. du Cerisier, 2000.

http://www.cbai.be/publications/numeros/195.html

Jeudi
01/03/2007 
 

EN DIRECT DE LA FOIRE DU LIVRE : LA DÉMOCRATIE AU MAROC ET LE DROIT DES IMMIGRÉS EN BELGIQUE 

Présentation : Eddy Caekelberghs

En direct de la Foire du Livre, Eddy Caekelberghs reçoit : 

Daniel Soil pour «Sans doute»chez Luce Wilquin

Issa Aït-Belize pour ses livres «Racines et épines» et «Noces sarazines», tous 2 publiés chez Luce Wilquin

Saber Assal auteur chez Couleur Livres de « ¨Parle-moi de ton absence ».

http://old.rtbf.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?id=0194303_sac&menu=default&pub=RTBF.PREM/PREM.FR.la_taille.SP.FACA

Livre/Témoignage : Parle moi de ton absence

26 mai 2007 - 

À travers un cas particulier, « Parle-moi de ton absence » aborde un double problème : celui de la violence faite aux femmes et celui des mères séparées de leurs enfants par un mari qui, misant sur l’éloignement, se joue de leur crédulité.

Femmes battues ou implorant tribunaux et ministères afin d’avoir le droit de revoir ceux qu’elles ont mis au monde sont des faits d’une actualité si quotidienne que la presse ne s’y intéresse que dans des circonstances exceptionnelles – la mort de Marie Trintignant – ou extrêmes – lorsque toute une école se mobilise contre l’enlèvement d’une petite fille par un père abusif. Ces exemples médiatisés ne sont pourtant que l’écume d’une situation infiniment plus vaste et souvent rendue complexe par le multiculturalisme de nos sociétés.

L’intérêt du livre de Saber Assal qui vit en Belgique où il est assistant social, tient à ce qu’illustrant une généralité, il donne à entendre une voix singulière. Celle de sa mère d’origine marocaine dont il a été séparé à l’âge de 4 ans et qu’il a retrouvée après trente années de ce qu’il a cru être un abandon. Sur cette période mal vécue, il a écrit un premier récit : « A l’ombre des gouttes ». En écoutant parler la mère qu’il ne connaissait pas, ou à peine, il vient d’y ajouter la pièce manquante. Après leurs retrouvailles, ils se sont revus pour douze entretiens. Elle parlait. Il enregistrait. Et triomphant du silence des ans et des mensonges du père, il entendait la vérité d’une femme victime du pouvoir arrogant des hommes. Et ce drame d’une mère dont il n’avait souvenir que de quelques scènes déchirantes, tous autres liens avec elle ayant été rompus, était aussi le sien.

« Écris mon fils. Écris ce que je vais te raconter. Et pendant que tu écriras, nous ferons connaissance… Je n’ai pas abandonné mes enfants… » Ainsi commence, dans une forme poétique et visuelle, un récit intense, entrecoupé de réflexions du fils qui reçoit l’autre version de ce qu’il a vécu. Inès, c’est le nom de sa mère, eut une enfance pauvre mais chaleureuse dans ce qui reste pour elle un paradis perdu. Mariée à 13 ans, elle en avait 17 et trois enfants lorsqu’elle fut invitée à suivre son mari à Bruxelles pour y découvrir la solitude et la précarité d’un logement minable. De désillusions en déménagements et en manque d’argent, il ne lui restait que l’amour de ses bientôt quatre enfants pour survivre aux humiliations et aux privations infligées par un mari qui, un jour, la roua de coups jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Trop vulnérable et ignorante pour porter plainte, elle subit d’autant les gifles et les insultes qu’il demeurait impuni.

Au prétexte de vacances au Maroc, il l’y abandonna sans papiers, sans passeport et sans ressources, la laissant une nouvelle fois enceinte, ramenant les autres enfants avec lui en Belgique pour y retrouver sa maîtresse. Il ne resta à sa femme flouée qu’une dépression sans résignation, l’affection des siens et une dernière petite fille pour tenter de survivre à un arrachement plus éprouvant encore que les autres violences. En rendant justice, à travers son témoignage humain et révoltant, à la mère meurtrie dont il est évident que les blessures ne seront jamais guéries, Saber Assal ne peut que lui apporter le réconfort d’avoir pu se justifier. En nous, il suscite indignation et révolte.

Libre Belgique – Monique Verdussen

http://www.bladi.net/livre-temoignage-absence.html

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